Un dancing philosophique
Parfois je me demande si une pensée, un spectacle, ce n’est pas la même chose.
On croit souvent que non, mais à y bien réfléchir, peut-être que si.
Dans ce deuxième épisode, des mouvements de danse et des références chorégraphiques appellent des mondes philosophiques.
C’est une mise en jeu des corps, et hop ! Spinoza s’amène : « Le corps et l’esprit sont deux mots pour désigner la même substance ». Par suite, on procède à un échauffement des neurones ; on associe l’Entrée des Ombres de La Bayadère (Petipa, 1877) et le mythe de la caverne, façon Platon ; on affectionne le cambré et le twist cunninghamien propices au renversement philosophique ; on déhanche pour esquisser un « je-ne-sais-quoi » à la Jankélévitch ; sans oublier les déboulés, grande figure de la danse classique qui a une belle dose de liberté : débouler, tourner, faire monde. Risquer aussi un dancing philosophique, se lancer dans la question de ce qui existe. En dansant. Avec un pauvre petit corps, un merveilleux corps, pour essayer cette chose-là : ne rien dénier de ce qui se peut. Là encore, Spinoza.
Tenter…
Cet épisode se conclut par une suite d’extases, un hommage à des philosophes qui ont écrit des choses formidables. Ce sont très majoritairement des hommes. La barbe fait-elle le philosophe ? C’est ce que l’on découvrira dans l’épisode suivant.
Interprétation : Geisha Fontaine
