Où sont les femmes philosophes ?
L’enjeu de cet épisode est de taille : où sont les femmes philosophes ?
Dans l’histoire, elles semblent rares. Or, dès le IVème siècle avant J.-C, Hipparchia faisait sensation en adoptant le mode de vie des philosophes cyniques. Elle faisait l’amour dans la rue. Choquait. Dansait-elle ?
Aussi cette performance fait-t-elle danser les femmes d’esprit, en jouant. Elle donne corps et paroles à ces oubliées de l’histoire, souvent très actives, souvent influentes, mais sans postérité.
Outre l’incroyable Hipparchia, sont convoquées sur la scène des figures d’importance comme Aspasie, Hypathie d’Alexandrie, Catherine de Pisan, Mary Wollstonecraft, Clémence Royer… Et pour les XXème et XXIème siècles : les Bergsonettes, Simone de Beauvoir, Hannah Arendt, Bell Hooks, Eleni Varikas, Catherine Malabou ou encore Barbara Cassin. Alliant données réelles et danses imaginaires, Ne faites pas la moue #3 fait revivre en mouvement ces femmes philosophes qui ont à leur manière contribué aux préoccupations actuelles sur le féminisme et le genre.
La performance questionne aussi les raisons de cet écartement des femmes du domaine de la pensée pendant des siècles. Quant aux mouvements, pour rendre hommage à ces femmes, la performeuse s’adonne notamment à des danses dyonisaques, cyniques, livresques, plastiques, extatiques, sans oublier ni la danse du Compas, qui irait bien à Aspasie, ni la Brain dance, qui prouve évidemment que les femmes ont bien un cerveau !
Interprétation : Geisha Fontaine
